jeudi 23 octobre 2008
Hubert Bouziges, juriste, philosophe
et poète anima pendant plusieurs années autour de l'an 2000 un cénacle poétique
qui portait le nom de l'Attitude. Une façon simple d'annoncer une
couleur d'indépendance et un penchant vers le plaisir des lettres. Le point
d'attache en était une bonne table comme celle du Chapon fin-Park Hôtel de
Perpignan. Le principe de ces agapes poétiques à périodicité variable consistait
à dire des textes de création personnelle lorsque l'on taquinait soi-même la
muse ou des textes d'auteurs aimés et, généralement, défendus dans une
allocution introductive. Pouvaient y intervenir également des invités du monde
du théâtre ou de l'enseignement. On y parlait de vers, de prose, de sentiments
et d'idées. Ce n'était jamais ennuyeux et toujours instructif. La société d'une
quinzaine de personnes qui composait les réunions cultivait sans snobisme ni
passéisme le bel esprit et aimait à tisser de l'amitié autour de rimes riches,
belles métaphores et sensibles dictions. L'Attitude comme la rose ne vécut pas
très longtemps. Mais les actes de son état civil figurent dans les "Cahiers
de l'Attitude", dont le N°I est de 1997. La brièveté de
l'existence d'une aventure ne sera jamais un motif suffisant pour la jeter aux
oubliettes, d'autant que la récente rencontre avec Hubert Bouziges dans un
vernissage au centre-ville nous remémora et avec quelle pétillante émotion une
rencontre avec le regretté Jean Breton (1930-2006), poète et, alors, directeur
de la revue "Les hommes sans épaules" (une expression empruntée à un
livrede Rosny l'aîné, l'auteur de "la Guerre du feu"). Hubert Bouziges,
cet être de haut rang, dont il est temps de vous dire que seule son éthique non
productiviste porte la responsabilité du tout petit nombre de plaquettes,
publiées entre 1980 et 2000 aux éditions de Saint-Germain. Je ne manquerai pas,
quant à moi, de citer les titres "Haute Caresse" et "La Bure et la dérive" pour juger du
talent de ce batteur de feu verbo-mental et de regretter vivement qu'il ne
daigne pas sortir d'un long silence de plume dans lequel il s'est cloîtré.
Originaire des Cévennes, Hubert Bouziges, dont l'humour et aussi subtil que sa
discrétion élégante, vit depuis de très nombreuses années à Perpignan et à
Ria-Sirach dans les Pyrénées-Orientales.
Albert-Gérard de
Theux.
Revue
"Les hommes sans épaule" avec Jean Breton
Recueils
"Mille griffes une main"
"La bure et la dérive"
"Haute caresse"
Essais et critiques
"
Rimbaud revue"
"Phréatique"
etc ...
Hubert Bouges, homme du Sud, est poète, philosophe, critique et juriste de formation. En parallèle d'une carrière d'inspecteur des impôts, il a toujours vécu avec la poésie qu'il aborde avec une extrême finesse et pour laquelle il garde une passion intacte.
En 1953 en Avignon, avec le poète Jean Breton, il écrit un premier recueil, À même la terre et crée la revue Les hommes sans épaules, à la laquelle il contribuera jusqu'en 1956. Le projet fondateur de ce mouvement poétique, dans lequel se croiseront entre autres André Breton, Blaise Cendrars, Georges Bataille, René Char, Jean Rousselot ou Pierre Seghers, est alors livré dans un texte-manifeste de Jean Breton, Appel aux riverains qui demeurera la profession de foi de ses continuateurs :
« La poésie ne saurait se définir par sa mise en forme, puisqu'elle échappe à son propre moule pour se répandre et se communiquer. Elle est cette rumeur qui précède toute convention esthétique ; domptée, mise au pas ou libérée selon une technique personnelle à chaque poète, elle court sa chance, à ses risques et périls ; elle s'offre à la rencontre, au dialogue... Loin d'être prisonnière de l'encre qu'elle emploie, la poésie embrasse les facultés les plus diverses qui sommeillaient en nous, met le feu aux poudres, et nous conduit, tôt ou tard, à ce chant de liberté et de justice qui patientait dans nos poumons... Nous voudrions réveiller le poète derrière sa poésie ! Nous voudrions ranimer sa conscience par friction. Notre revue est un lieu de rencontres. Nous ouvrirons les portes, les laissant battantes, nous inviterons nos amis à s'expliquer sur ce qui leur paraît essentiel dans leur comportement d'être humain et de poète... »
Hubert Bouziges, a par la suite collaboré par ses proses, poèmes et critiques à de nombreuses revues parmi lesquelles Le cri d'os, Marginales, Le journal des poètes, Phréatique et Rimbaud revue. Il a par ailleurs édité les recueils Mille griffes une main, La Bure et la dérive (1993) et Haute caresse (1996) aux éditions Saint-Germains des Près.
Invité plusieurs fois à la Maison de la Poésie d'Avignon, il a créé et animé jusqu'en 2001 l'association poétique L'Attitude à Perpignan qui organisait des rencontres avec des poètes français. En 2003, il a reçu le premier prix du concours organisé par le Minefi dans le cadre du Printemps des Poètes.
«Pourquoi le poème Cristallisation d'une nébuleuse ? La nébuleuse est un objet céleste composé de gaz et de poussières qui participe à la formation des étoiles. Par extension et dans notre propos, le poème est formé en amont de particules fines et hétéroclites —la nébuleuse —que l'on définira et qui se cristallisent en aval dans une formulation écrite. ( ... ) »
Metbarran