PASSAGE
Au creux du fossé,
herbes fléchies qui ressuscitent
l'empreinte de brefs retournements,
corps sous la bourrasque courte
Cailloux qui fouillent les campagnes
ralentissent la terre,
arbres en déroute qui s'appuient
aux murs de tous les vents.
Le sol s'en va dans les ravines
aux aguets des tourmentes
Sol s'en va
Vent s'enfuit
Le sommeil se répand,
du plomb dans les lézardes
repaires de vie muette
des insectes volants,
altitude perdue,
heurtent des mousses sèches.
Des vies s'épuisent
dans cette force inerte,
rêvent déracinements
envols instantanés
bonds fous, chevelures de nuages.
Au creux du fossé
J'ai fait un tour de temps.
LA FILLE EN ROUGE
Sur un tableau de M.S.
Tu vas...
Maldonne aux mains
Visage mâché
Ventre creux
Et la misère le long du bras
Te connaître
Hors les plis de ta robe Rouge
Lever l'obstacle de ta bouche
Aux franges à l'abandon
En visiter l'impasse
Dans ton souffle coupé
En user le fourreau
A la place du temps
S'appuyer sur ton dos
Comme des millénaires
Ignorants et têtus
Faire de tes cheveux
La châsse de tes yeux
Brisés
Faire de ces brisures
Ton arc-de-triomphe
Madonne...
FEUILLE ETONNEE
Feuille étonnée
que je rencontre
dans l'encre d'un jour fini
je reconnais
tes traits masqués
Arrête
en ma mémoire
les chuchotements
de l'oubli
Fais resurgir,
lointaine,
la cavalcade
du temps parti
Je demande à l'heure
un répit
Comme des millénaires
Ignorants et têtus
Faire de tes cheveux
La châsse de tes yeux
Brisés
Faire de ces brisures
Ton arc-de-triomphe
Madonne...
FEUILLE ETONNEE
Feuille étonnée
que je rencontre
dans l'encre d'un jour fini
je reconnais
tes traits masqués
Arrête
en ma mémoire
les chuchotements
de l'oubli
Fais resurgir,
lointaine,
la cavalcade
du temps parti
Je demande à l'heure
un répit
S'ajoute
la feuille à la pierre
pour que mon idée respire
avec plus d'amour
et moins d'être
Voici le temps promis de la naissance.
LE SAVOIR DE CE FLEUVE
Le savoir de ce fleuve
est celui de sa source
dans l'aube
qui se hisse
au sommet des montagnes
Meurtri à sa naissance
c'est une boue d'argile
poussée de pensée brute
qui recouvre
les champs de l'inertie
cultivés par le vent
S'égrènent les cailloux
au creux d'une herbe étique
De la haute puissance
sourdent dans le délire
les bas courants
escortés par des rives
aux nards hallucinés
Le sublime archaïsme
finit dans la souffrance
d'un delta éclaté
la feuille à la pierre
pour que mon idée respire
avec plus d'amour
et moins d'être
Voici le temps promis de la naissance.
LE SAVOIR DE CE FLEUVE
Le savoir de ce fleuve
est celui de sa source
dans l'aube
qui se hisse
au sommet des montagnes
Meurtri à sa naissance
c'est une boue d'argile
poussée de pensée brute
qui recouvre
les champs de l'inertie
cultivés par le vent
S'égrènent les cailloux
au creux d'une herbe étique
De la haute puissance
sourdent dans le délire
les bas courants
escortés par des rives
aux nards hallucinés
Le sublime archaïsme
finit dans la souffrance
d'un delta éclaté
NUIT MER SOLEIL
Requiem pour un désir
trop ressenti
et
mal connu
sa cape pourpre dans la nuit
Méfiance dormeuse
de l'horizon plat
réplique en soi
de l'attentif sommeil
Corps confondus
dans la poussière
sous des vents ras
qui les mitraillent
Offrande des secrets
abandon des visages
que dompte le soleil
Entre sable et sueurs
ce peuple allongé
son regard court
sur l'infinie dérive
Hubert Bouziges
Poèmes inédits (Revue les hommes sans épaules n° 23-24 )
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