Au creux du fossé,
herbes fléchies qui ressuscitent
l'empreinte de brefs retournements,
corps sous la bourrasque courte
Cailloux qui fouillent les campagnes
ralentissent la terre,
arbres en déroute qui s'appuient
aux murs de tous les vents.
Le sol s'en va dans les ravines
aux aguets des tourmentes :
Sol s'en va
Vent s'enfuit
Sol s'en va
Vent s'enfuit
Le sommeil se répand,
du plomb dans les lézardes
repaires de vie muette.
des insectes volants,
altitude perdue,
heurtent des mousses sèches.
Des vies s'épuisent
dans cette force inerte,
rêvent dé-racinements
envols instantanés
bonds fous, chevelures de nuages.
Au creux du fossé
J’ai fait un tour de temps.
Hubert Bouziges
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